La problématique des examens

 

Dès les premiers jours, se pose la question des conditions d’attribution des diplômes : si tout d’abord tous pensent que les examens auront lieu aux heures normales, plus la grève dure, plus cette question se pose et divise.

A la faculté des Lettres, certains étudiants demandent un report d’une semaine, tandis que d’autres souhaitent un report d’au moins 15 jours après la fin de la grève, et revendiquent de nouvelles modalités : la publicité des débats des jurys, l’anonymat des copies, la définition des critères de jugement. Le 17 mai, l’assemblée générale se prononce contre la remise sine die des examens et le 18, les enseignants propose d’organiser un référendum sous la question « acceptez-vous de subir les examens à telle date et sous telle forme ? » Le 20 mai, la commission créée sur la question des examens propose l’annulation de la session de juin, qui serait remplacée par la présentation par les étudiants à la session de septembre d’un programme de travail, mais le lendemain, elle change d’avis et propose un examen en juin sous une nouvelle forme : admission sans oral pour les candidats ayant obtenu au moins dix sur vingt aux épreuves écrites, avec oral à sept sur vingt, et de 5 à 7, admission après délibération en présence de l’étudiant. Le 23 mai, le groupe des non syndiqués propose que tous les étudiants présentant un mémoire satisfaisant sur un sujet du programme ou sur un problème touchant l’Université soient reçus.

 

En faculté de Droit, la majorité des étudiants vote contre la session de juin et une double session doit donc avoir lieu en septembre. En Sciences, le 15 mai, les enseignants et l’Assemblée sont contre l’ancien examen et veulent aménager les modalités de l’examen des sessions de juin et octobre. La majorité des étudiants sont pour le report de la session de juin. La session est reportée en septembre, mais avec une session spéciale en juin pour les étudiants devant absolument le passer en juin (pour pouvoir passer des concours en septembre).

Dans les lycées, dès le 24 mai, les syndicats d’enseignants et les CAL sont d’accord pour reporter des examens. Aussi le 25 mai les lycéens de plusieurs établissements (Estienne d’Orves, Calmette, Eucalyptus, Masséna, Capron, Carnot, Ferry,…) refusent dans une motion de présenter les examens, aux dates et formule prévues et menacent d’un boycott : ils demandent que le report soit d’une durée au moins égale à la durée grève ; qu’il soit tenu compte des sujets et questions non traitées du fait de la grève ; que l’admissibilité à l’oral soit fixé à 7/20 à l’écrit ; qu’à l’écrit il y ait 4 sujets en philo et français, 3 en sciences naturelles, 2 en physiques-chimie et que les candidats ayant échoués en juin soient admissible à la session de septembre.  

L’Académie diffuse un communiqué le 1er juin, qui reporte le bac au 25 juin qui offre un oral de contrôle pour tous, avec un examen systématique du dossier scolaire, et ouvre la session de septembre à tous les candidats ayant échoué en juin sans limitation de note. Avec ce bac à la formule aménagée, le pourcentage de reçus en juin 67.09 % dans l’Académie de Nice, soit une augmentation de 1 960 bacheliers. Avec les admis supplémentaires en septembre, à la rentrée d’octobre 1968, il y aura une arrivée massive de nouveau étudiants à l’université. Bac au rabais dirons certains, en tout cas, une année vaste pour les statistiques au niveau national.